Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée dans le monde. Sa consommation n’a fait qu’augmenter ces dernières décades alors que des formes plus puissantes et chimiquement modifiées sont apparues.
La dépendance au cannabis se caractérise par une perte de contrôle sur les consommations, des conséquences sociales négatives, un risque pour la santé, une tolérance et un sevrage (craving, irritabilité, colère, tristesse, insomnie, anorexie et perte pondérale).
Les symptômes de sevrage surviennent rapidement après l’arrêt du cannabis et persistent quelques jours (max. 1-3 semaines). Parmi ceux-ci, le plus problématique est souvent l’insomnie avec une impaction particulière du sommeil profond (N3).Le traitement de ce trouble reste un défi sans qu’aucune molécule n’ait pu montrer de réelle efficacité à ce jour.
La substitution avec le THC ou des dérivés de cannabis tels que le nabiximols (Sativex) entraine une certaine amélioration des symptômes de sevrage mais n’induit pas de réduction des consommations.Une autre approche plus prometteuse consiste à agir sur le système endo-cannabinoide. L’un des deux principaux endocanabinoides est l’anandamide. Ce composé est dégradé par une enzyme, l’amine hydrolase des acides gras, connue sous le nom anglais de FAAH (fatty acid amide hydrolase).
Cette étude du Lancet serait la première à investiguer l’efficacité d’une augmentation de l’anandamide dans la dépendance au cannabis. Le traitement testé dans l’étude, un puissant agent inhibiteur de la FAAH (PF-04457845), s’est révélé bien toléré et sûr. Cet agent a permis de réduire significativement les symptômes de sevrage et d’améliorer tout particulièrement le sommeil. Il a également mené à une réduction significative des consommations de cannabis sur le plus long terme (1 mois dans l’étude). Cette nouvelle approche pharmacologique pourrait donc changer notre pratique clinique et devenir le premier traitement recommandé pour la dépendance au cannabis.

Hugues Cachelin

Médecin interne, Service d'addictologie

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