En 2018, le Canada est devenu le premier grand pays du monde à autoriser la vente libre de cannabis. Pour répondre à cette nouvelle législation et afin d’informer le public vis-à-vis des risques éventuels de l’utilisation du cannabis, l’Association des psychiatres du Canada (APC), a préparé plusieurs documents notamment une « déclaration de principes » avec le titre « Les répercussions de la légalisation du cannabis sur les adolescents et les jeunes adultes », ainsi qu’une liste des 10 façons de réduire le risque lors de la consommation.

La « déclaration de principes » explique tout d’abord qu’ils ont voulu centrer leur attention sur des adolescents et des jeunes adultes, car elle atteste que l’utilisation du cannabis, comme celle de l’alcool et d’autres drogues, commence la plupart de temps vers cet âge. Le document décrit le développement du cerveau d’une personne jeune, et la fragilité que ça engendre. Ils attestent que le système endocannabinoïde joue un rôle pendant ce processus de maturation, et que l’utilisation du cannabis peut avoir des effets nocifs sur les aspects cognitifs tels que la cognition, l’attention, la mémoire, etc…. Cela a été démontré par de nombreuses études. Ils parlent aussi du risque élevé des troubles psychotiques, la dépression, des troubles anxieux tels que des troubles de panique chez des individus « vulnérables ». Par la suite, le document parle de la teratogenicité du cannabis.
Le APC se positionne en disant qu’il pense que le risque de l’exposition du cannabis par le foetus rend le développement du cerveau dommageable et peut précipiter l’apparition d’anomalies. À la fin du document, il souligne surtout le risque que le cannabis engendre des troubles mentaux graves au développement ; tels que la schizophrénie et le trouble bipolaire surtout quand elle est consommée pendant la période du développement du cerveau, c’est-à-dire, jusqu’à l’âge de 25 ans et ils disent que « le cannabis ne devrait pas être accessible aux personnes de moins de 21 ans, et des restrictions quant à la quantité et à la concentration en THC devraient s’appliquer aux personnes entre 21 et 25 ans. Ensuite le rapport dit qu’il est important de soutenir les efforts tels que la recherche biologique et psychiatrique dans le but de mieux comprendre les effets, des efforts à sensibiliser le public vis-à-vis des effets nocifs déjà connus, un soutien et dépistage des personnes qui sont déjà dépendantes au cannabis, et il faudra avoir des limites sur la concentration de THC et du cannabidiol dans ces produits.

Ces 10 conseils sont repris directement du document issu de l’APC:
« 1 – Retardez la consommation de cannabis le plus tard possible et ce, idéalement, après que vous aurez atteint l’âge adulte.
2 – Évitez la consommation si vous êtes enceinte ou si vous ou des membres de votre famille avez des antécédents de psychose ou de problèmes liés à l’utilisation de substances.
3 – Choisissez des produits de faible puissance, c’est-à-dire ceux à faible teneur en THC ou qui contiennent une proportion plus élevée de CBD par rapport au THC.

4 – Adoptez des modes de consommation sans fumer du cannabis en choisissant ceux qui comportent moins de risques, tels que le vapotage ou l’ingestion.

5 – Évitez les produits de cannabis synthétiques tels que K2 ou Spice.

6 – Si vous fumez du cannabis, évitez de l’inhaler profondément ou de retenir votre respiration.

7 – La consommation occasionnelle, par exemple pendant une journée ou moins par semaine, est meilleure pour vous que la consommation régulière.

8 – Les effets s’accumulent. Plus vous prenez de risques, plus vous êtes susceptible de nuire à votre santé.

9 – Ne conduisez pas de véhicule ou ne faites pas fonctionner des machines lorsque vous avez les facultés affaiblies par le cannabis. Attendez au moins 6 heures après la consommation. N’oubliez pas que la combinaison d’alcool et de cannabis diminue davantage vos facultés.

10 – Ne pas consommer de cannabis demeure la meilleure façon de protéger votre santé « (à moins que la consommation soit recommandée sur le plan médical). »

Vous pourriez trouver les documents sur le lien suivants :

https://www.cpa-apc.org/wp-content/uploads/Cannabis-Academy-Position-Statement-FRE-FINAL-no-footers-web.pdf

https://www.canada.ca/content/dam/phac-aspc/documents/services/publications/drugs-health-products/cannabis-10-ways-reduce-risks/lrcug-postcard-fra.pdf Filip Kasina

Médecin interne, Service d'addictologie

Article utilisé pour cette revue en français :
Tibbo, P., Crocker, C. E., Lam, R. W., Meyer, J., Sareen, J., & Aitchison, K. J. (2018). Implications of Cannabis Legalization on Youth and Young Adults. The Canadian Journal of Psychiatry, 63(1), 65-71.
u

Avez-vous des questions ?

N’hésitez pas à poser vos questions et à ouvrir le débat.
L’auteur de cette revue participera à la discussion.

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.